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Faudrait-il se faire vacciner contre l’encéphalite à tiques ?

Encéphalite à tiques, Zeckenenzephalitis

L’encéphalite à tiques est une maladie à déclaration obligatoire en Suisse. C’est-à-dire que tout laboratoire ou médecin qui fait ce diagnostic doit le déclarer à l’Office fédéral de la santé publique (OFSP). Cette année, le nombre des déclarations d’encéphalites à tiques a doublé par rapport à 2017. Les morsures de tique inquiètent donc de plus en plus de personnes.

Afin d’apaiser certaines préoccupations, le prof. Nicolas Troillet, chef du service des maladies infectieuses, répond à quelques questions à ce sujet.

Quelles sont les maladies pouvant être transmises par les tiques ?

Il y a deux principales maladies :

  • La maladie de Lyme, appelée également borréliose, due à une bactérie
  • La méningo-encéphalite à tique, due à un virus

Alors que la maladie de Lyme peut être guérie par un traitement antibiotique, la méningo-encéphalite à tique, quant à elle, n’a pas de traitement spécifique, seul un vaccin préventif est disponible.

Ce vaccin n’empêche toutefois pas les tiques de piquer. Il faut donc toujours bien se protéger en portant des vêtements clairs et longs, en utilisant des produits répulsifs que l’on trouve dans le commerce et en ôtant dès que possible toute tique attachée à notre peau.

Comment reconnait-on l’encéphalite à tiques ?

Bien que rare, l’encéphalite à tiques est une maladie grave qui, une fois contractée, peut avoir des conséquences lourdes sur la santé. Il est toutefois important de noter que moins de 5% des tiques sont porteuses de ce virus dans les zones géographiques où il est présent. De plus, même si l’on a été infecté par le virus, cette infection passe totalement inaperçue dans 85 à 95% des cas et n’a alors aucune répercussion sur la santé.

Cependant, chez une minorité de personnes, une maladie (l’encéphalite à tiques) se déclare et se manifeste par divers problèmes graves qui peuvent laisser des séquelles : paralysies, troubles de l’état de conscience, maux de tête, fatigue, vertiges, troubles neurologiques. Le taux de mortalité s’élève à 1%.

Est-ce qu’il faudrait se faire vacciner contre l’encéphalite à tiques ?

Le vaccin contre l’encéphalite est actuellement recommandé aux personnes vivant ou séjournant dans les zones à risque et ayant des activités dans la nature. Ces zones sont définies par l’OFSP : zones à risque.

Cette recommandation fondée sur des zones géographiques fait débat car les personnes ne restent pas uniquement à un endroit spécifique, elles voyagent et ne prévoient pas nécessairement où elles vont se rendre des mois à l’avance. C’est pourquoi, en raison du nombre de déclarations d’encéphalites à tiques en augmentation ces dernières années et de la gravité de la maladie lorsqu’elle se manifeste, des experts suisses souhaitent généraliser la vaccination contre ce virus et le proposer à toute personne qui aurait des activités dans la nature, sans restriction géographique.

Les spécialistes du Service des maladies infectieuses de l’Institut Central des Hôpitaux partagent cet avis, d’autant plus qu’il est difficile de suivre en temps réel la progression du virus parmi les populations de tiques.

Est-ce que le vaccin a des effets négatifs et est-il cher ?

Ce vaccin est efficace et, sauf exception, bien supporté. Il n’a pas de contre-indication spécifique.

La vaccination coûte environ 200 à 300.- pour trois injections, consultations comprises. Elle peut être effectuée par un médecin de famille. Elle est remboursée actuellement par les assurances pour les personnes qui vivent ou séjournent (même de façon temporaire) dans les zones à risque définies par l’OFSP.

Quand devrait-on se faire vacciner ?

Il est généralement recommandé de débuter la vaccination en automne pour être protégé au printemps (début de la saison des tiques). La vaccination comprend 3 doses pour être pleinement efficace et les injections peuvent prendre plusieurs mois selon le schéma choisi par le médecin.

Avez-vous d’autres questions ? N’hésitez pas à les poser en commentaire.

Ce sujet vous intéresse ? Lisez également l’article « Quand consulter après une morsure de tique ? » en cliquant ici.

 

 

À propos de l'auteur

Jessica Salamin

Collaboratrice communication - Spécialisée médias sociaux

2 Comments

    • Bonjour,
      Une vaccination de rappel est nécessaire après 10 ans.
      Belle journée et meilleures salutations,
      Hôpital du Valais

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